Chapitre 3
Le lien d’Orée
L’appartement était juste en face de celui de Kalihin, le fils du roi. Elle s’écroula sur le lit et s’endormit aussitôt. A son réveil, l’image d’un garçon de son âge lui restait gravée sur la pupille. Elle secoua la tête, étonnée qu’elle rêve d’un adolescent qu’elle n’avait jamais vu, puis observa sa chambre. Son lit était un baldaquin en bois, la matière principale ici. La couette, épaisse et douce, était composée de plumes. Il y avait également un placard dans le mur. Le mur étant l’arbre lui-même. Pleins d’autres meubles ornementaient cette chambre, dont une jolie petite table de nuit. Mais ce qu’elle remarqua en premier, ce fut un magnifique tableau ou l’on pouvait admirer un dragon doré en compagnie d’un… humain ou elfe ? Il était habillé comme un elfe, mais ses oreilles étaient moins pointues et il avait un tout petit lobe. Une autre porte était intégrée au mur. Elle l’ouvrit et découvrit une salle de bains. La baignoire était en bois comme le reste. Elle prit donc un bain, se lava avec une sorte de savon vert-blanc au parfum douceâtre et se coiffa avec une des brosses dont les pics était les poils d’un animal. Elle trouva des habits dans une armoire et se choisit un pantalon marron en cuir et une chemise blanche. Par-dessus, un haut vert. Ayant fini de s’habiller, elle se demanda quoi faire quand elle entendit des pas lourds, juste en face de sa chambre. Elle ouvrit sa porte, et trouva Kalihin en compagnie de Shilza. Apparemment, elle venait de les déranger en pleine discussion.
Kalihin lui fit signe de le suivre et la zébracorne les accompagna.
« Où est-ce qu’on va ? » demanda la jeune fille.
-Nous t’emmenons voir Arzal. Elle t’apprendra les règles de bienséance chez les elfes. Ensuite, Shilza te transportera dans une grande clairière pour que tu puisses t’entraîner à la magie. Puis je te montrerai comment te servir d’une épée et d’un arc. A la fin de cette journée, je te promets que tu dormiras comme un dragon après son repas » lui dit-il avec un grand sourire.
« Pendant que j’y pense, que représente le grand tableau dans ma chambre ? »
Cette fois-ci, ce fut Shilza qui lui répondit.
« Il représente Meron, celui qui aurait appris la magie aux elfes, et son animal d’Orée, Shriver, le grand dragon.
-Son animal doré ?
-Non, son animal d’Orée. Il arrive qu’un elfe, ou qu’un humain, dans son cas, se lie avec un animal. On appelle ça l’Orée. Mais c’est très rare. Encore plus avec des animaux doués de parole, comme moi.
-Pourquoi, tu es liée à quelqu’un ?
-En effet ! Depuis l’adolescence. Ce qui fait que nous sommes très proches. Tellement que je peux savoir toutes ses pensées. Par exemple, en ce moment, il trouve que tu es très jolie. »
A coté d’elle, Kalihin se mit à rougir. Le remarquant, Lorelei éclata de rire. Le jeune elfe se reprit et toussota légèrement puis montra qu’ils étaient arrivés. Lorelei entra dans l’arbre. Arzal, une belle elfe de son âge était assise en l’attendant. Elle la dévisagea de ses yeux vert océan. Ses cheveux d’or étaient attaché en queue de cheval. Elle lui montra une chaise et la jeune fille s’assit.
« Que sais-tu sur les elfes, petite humaine ?
-Euh… Presque rien avoua-t-elle
-Eh bien, on va commencer par le début. A ton avis, quel âge ai-je ?
-Vous devez avoir autour de 15 ans.
Elle éclata de rire.
- Non, j’ai déjà 76 ans. Ce qui est quand même très jeune pour une elfe. Pour nous, tu n’es qu’un bébé. Garde toujours ça en tête pour ne pas faire de bêtise. Elle passa du coq à l’âne. Les elfes ne parlent jamais pour ne rien dire. A part s’il sont influencés par quelqu’un.
-Comme Kalihin par exemple ?
-Exactement. Mais on ne coupe jamais la parole, c’est très impoli. Je disais donc, on ne parle jamais pour ne rien dire. Et pour parler au roi, tu dois t’adresser à lui en disant Votre Majesté, tout simplement et tu t’inclines devant lui avant de parler. Pour la reine, c’est Ma reine et tu peux t’incliner si tu veux lui demander une faveur. Pour Kalihin , dont tu as déjà fais la connaissance, tu dois lui dire Mon prince. Ce soir, tu iras au banquet du solstice d’été. »
Devant l’air étonné de Lorelei, elle s’interrompit.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne veux pas assister au banquet ? Tu auras la place d’honneur, juste à côté du prince.
-Ce n’est pas ça. C’est juste que chez moi, nous commençons l’hiver et je me retrouve en été. De plus, dans un monde inconnu, peuplé de créatures imaginaires et avec des choses que je ne comprend même pas ! Comme une certaine pierre philosophale qui me parle par télépathie et me fait faire de la magie, un cheval qui parle, une ville avec des arbres qui ressemblent à des serpents à la place des maisons! Mais à part ça, je me sens très bien, tout est impeccable ! »
Arzal la regarda avec compassion, puis la pinça brusquement.
« Non, tu ne rêves pas ! Ceci est la réalité, et il va falloir que tu t’y habitues. Je comprends que tu te sentes… légèrement désorientée. Après tout, un voyage dans le temps et l’espace, ça te change les idées ! Tu sais, j’aimerais bien être à ta place. Mais je pense que c’est plus facile dans ton sens. Tu es l’amie du prince et de sa licorne d’Orée, et tu as un entraînement spécial, en plus de ta pierre qui peut te rendre de sérieux services. Et tu as une destinée formidable ! Il y a beaucoup d’elfes qui donneraient n’importe quoi pour être à ta place. Excuse-moi, Crystelle arrive, et avec tout ça, je ne lui ai pas donné à manger. »
A ce moment, une belle pie s’engouffra par la fenêtre et se posa sur l’épaule de sa maîtresse. Au regard que la pie et l’elfe s’échangèrent, elle devina tout de suite qu’elles étaient liées par l’Orée. Arzal reprit sa conversation.
« Tu seras donc à la gauche du prince. Tu ne mangeras que quand le Roi aura commencé et tu essayeras de goûter à tous les plats. Tu verras, la cuisine des elfes est délicieuse ! Surtout si elle est préparée par Coutine. Chaque elfe a sa spécialité, que chacun découvre entre cinquante et soixante-dix ans. Pour moi, je l’ai découverte plus tôt que les autres, à quarante-six ans. En même temps que Crystelle. »
Elle gratouilla la gorge de la pie, qui sembla y éprouver beaucoup de plaisir. Crystelle regarda Lorelei avec intensité. Puis elle s’envola et se posa juste devant la jeune fille. Elle s’approcha tout doucement, puis fouilla dans les poches de Lorelei. Elle en sortit la pierre philosophale. Lorelei ne se rappelait pas l’avoir emmenée. Au contraire, elle pensait l’avoir mise sur la table de nuit.
« Tu m’avais mis sur ta table de nuit, sauf que je ne peux pas te quitter. Je pense que la pie va te faire une démonstration. »
En effet, Crystelle s’envola par la fenêtre. Quelques instant plus tard, Lorelei sentit sa poche s’alourdir. Elle en ressortit la pierre, tandis que l’oiseau rentrait, le bec vide.
« Bon, finit les tours de magie. Passons à autre chose. Ici les années durent trois cent soixante cinq jours ou douze mois. Un mois pair dure vingt-quatre jours, un mois impair dure vingt-cinq jours et un jour dure trente heures. Tu as réussi à me suivre ? »
Lorelei acquiesçant, la jeune elfe continua de lui expliquer les rudiments de la vie en général, et des elfes en particulier sur ce monde qui allait rapidement devenir le sien.
Le petit garçon resta trois années auprès de la Chasseresse. Trois années de lait, de tendresse, de jeux et d’apprentissage. Trois années de bonheur. Mais une journée finit par tout gâcher. Un homme seul qui sentait la viande fraîche. Attiré par la bonne odeur de nourriture facile, comme un insecte par la lumière, il le suivit. Discrètement. C’était une des premières choses que lui avait apprit la Chasseresse. L’œil exercé de l’ homme ne l’aperçut qu’au bout d’une demi-heure. Il était fatigué, mais un peu d’argent facile n’était pas négligeable. Il s’assit, puis attendit. Le petit garçon s’approcha, poussé par la curiosité et la faim. Le chasseur fut un instant dérouté par son attitude et son apparence. Il l’assomma d’un petit coup du manche de son épée, puis le transporta sur son épaule. Arrivé chez lui, il le lava, lui coupa les cheveux à une longueur convenable pour son âge, l’habilla et le coucha sur une paillasse. Le petit garçon se réveilla peu après, avec un grand mal de tête. Il essaya de se débarrasser de ses vêtements mais ne réussit qu’à se faire mal. Il se leva, et fureta partout pour essayer de trouver à manger. Il poussa un grognement de mécontement devant l’absence de nourriture. Le garçon était intrigué par tous les objets de la pièce. Il était en train de mordiller une chaussette quand l’homme revint le voir. Amusé, il se demanda comment il avait pu survivre et se fit la promesse de l’éduquer avant de le vendre. Si je le vends, rajouta-t-il pour lui –même. La lueur d’intelligence qu’il voyait dans les yeux du garçon lui disait que ce serait facile de lui apprendre les bonnes manières. Et si ça se trouve, il pourrait même lui apprendre à compter, voire à lire et écrire. Alors il pourrait reposer ses yeux fatigués des comptes et l’utiliser comme secrétaire.
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Vous êtes sans clan, et vous ne savez pas lequel choisir? Vous avez plutôt envie de force, de beauté, d'intelligence ou de magie? Rejoignez les dragons et vous aurez les quatre! Vous pourrez même décider de quelle couleur vous serez! Alors n'attendez pas, et rejoignez-nous vite!
1000 oranges contre un dragon de glace:
Ça fait des oranges glacées!
1000 oranges contre un dragon de feu:
Ça fait des oranges cuites!
Une armée d'orange contre une armée de dragon:
Ça fait des oranges pressées!